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Rencontres neuro-artistes avec le Pr Hugues Duffau, neurochirurgien.

Par Ruthy Azzopardi

Rencontres neuro-artistes – Samedi 11 janvier 2020, Montpellier – Art For Science (Thomas & Mélanie, les organisateurs) – Pr Hugues Duffau, neurochirurchien – Pr Jean-Philippe HUGNOT, Directeur de recherche

"Vous pouvez vous dépasser. Est-ce que vous en avez envie ? L’être humain est avant tout de l’émotion. Je ne peux pas opérer un patient passif. Il faut qu’il soit motivé pour continuer après l’opération. Y a-t-il une fin à partir du moment où l’on veut se dépasser soi-même ? Nous n’avons pas le droit de ne pas utiliser les talents que nous avons, mais de les utiliser puissance 10, et j’ajoute + 1."

Professeur Hugues Duffau, neurochirurgien CHU Montpellier.

Connectome 46 x 55 cm – Ruthy Petillantist

J’ai le plaisir de vous annoncer ma participation dans l’aventure ART FOR SCIENCE . Vente aux enchères de mon œuvre Connectome, au profit de la recherche et des travaux du Pr Hugues Duffau, neurochirurgien.

https://www.artforscience.eu/produit/connectome/

« Le Connectome de notre cerveau, ce vaste réseau d’autoroutes interactives est un équilibre instable perpétuel et dynamique.

Notre cerveau n’est pas statique, mais plastique. Quelle belle leçon : toujours se remettre en question et se dépasser !

Merci à ces hommes de célébrer non seulement la vie, mais aussi l’identité et la pleine conscience du patient.

Je suis artiste peintre pétillantiste. Voici un extrait de mon ouvrage “album 41 – Naissance du pétillantisme”, page 72, édité en 2014, et qui sans le savoir illustre maintenant l’oeuvre Connectome :

” […] dans certaines de mes oeuvres, l’apparition de connexions ou de cellules, donne une intention organique à la sphère, comme un hymne à la vie.”

Mon courant artistique, le pétillantisme, célèbre la vie et le renouveau. Il évolue, est mobile et se veut énergique. »

Ruthy Petillantist

Notes de conférence

Le Professeur Hugues Duffau opère ses patients atteints de tumeur au cerveau, en pleine conscience. Le patient est éveillé lors de l’opération. Il est d’ailleurs l’auteur de L’erreur de Broca, paru en 2016. Après une lutte acharnée pour rompre avec les dogmes encore en vigueur, il a mis fin à une croyance erronée vieille de cent cinquante ans en neurologie : le cerveau n’est pas divisé en zones indépendantes, mais organisé en réseaux interactifs dynamiques et doté d’une étonnante plasticité.

“Observer et s’adapter” est l’enseignement du Pr Hugues Duffau, neurochirurgien artiste et de son directeur de recherche, le Pr Jean-Philippe Hugnot.

Le professeur a opéré Thomas, d’un gliome au cerveau dont la taille était celle d’un pamplemousse. Il a procédé à 90 % de l’ablation de la tumeur, en opération à « ciel ouvert », pendant 4 heures.

Le patient est endormi. On ouvre la boite cranienne. On réveille le patient. Le cerveau est le seul organe indolore. Dans le bloc, il y a une équipe composée d’orthophoniste, neurologue, infirmière, etc. qui participeront lors de l’opération en proposant divers stimuli utiles au professeur.

En effet, « à ciel ouvert », le professeur envoie des impulsions électriques, posent des questions, proposent des visuels et en fonction des réponses, posent des étiquettes-marqueurs dans le cerveau du patient, servant de repères. Il établit une cartographie.

On dit que l’ablation de l’hyppocampe, siège de la mémoire, causerait de graves séquelles. Thomas avait toujours sa mémoire intacte. Le cerveau avant même l’ablation, s’était réorganisé, reconnecté différemment.

Suite à son opération, pendant 3 mois, Thomas alternait 30 mn d’exercices (cérébraux), 30 mn de sommeil ; ce délai de 3 mois est la fenêtre des possibles, au-delà duquel, les fonctions peuvent ne pas revenir.

Thomas a suivi 6 fois par semaine pendant 3 mois, puis 3 fois par semaine pendant 3 mois, des séances d’orthophonie.

Pr Hugues Duffau – Citations :

– une région du cerveau correspond à une fonction : oubliez ceci, c’est faux !

– on parle de troisième cerveau, en évoquant le ventre : c’est pour faire du scoop ! Tout notre corps est interconnecté ; on retrouve les mêmes cellules avec en plus les microbiotes. Dans les moindres millimètres du corps, nous avons des terminaisons nerveuses.

– notre cerveau n’est pas statique et utilise ses capacités de réorganisation. On a tous un cerveau différent, qui évolue au fur des années. Il est en permanence en mouvement.

– lors d’une opération, on arrive à modéliser, schématiser les réseaux du cerveau à l’instant T en posant des étiquettes pour ne pas couper ces autoroutes. Nous établissons une carte générale.

– Le connectome, notre cerveau, ce vaste réseau d’autoroutes interactives est un équilibre instable perpétuel et dynamique. On parle de dynamique spatio-temporelle.

– il faut continuer encore et toujours à travailler pour éviter l’automatisation (= animal) et stimuler la plasticité. Notre cerveau est capable de se potentialiser, de se développer.

– récursivité – absence d’infinitude – metacognition (à approfondir, j’étais en train de réfléchir aux questions-réponses en cours et j’ai perdu le fil)

– Ne soyons pas localisationniste : notre cerveau est en réorganisation perpétuelle.

– nous avons des épicentres interconnetés. Les gros réseaux diffusent aux petits réseaux lesquels font circuler l’information. Par exemple, les TOC, sont un blocage de l’information dans ces sous-réseaux. Autre exemple, quand on répète souvent les mêmes choses, qu’on ne se remet pas en question, c’est que les noyaux centraux tournent en rond.

– La capacité de stockage du cerveau est d’environ 1 Po (Pétaoctet), soit 1000 To (Teraoctet) ! (1 million de Go). Si on étale le cerveau, cela prend environ l’espace d’1,5 m2 !

– Penser pompe beaucoup d’énergie. Le nettoyage de toutes les connexions de notre cerveau se fait la nuit.

– Notre cerveau utilise 20 % de glucose.

– j’observe le patient avant, pendant et après l’opération.

– notre cerveau fonctionne en boucle fronto-pariétale qui tournet bilatéralement. Les hyppocampes servent à consolider les faits.

– « Les personnages existent déjà dans le bloc de glaise, il suffit de les dégager. » Camille Claudel. On peut retirer une large portion de la tumeur présente dans une région du cerveau tout en préservant les fonctions du patient, puisque le cerveau s’est déjà réorganisé pour compenser la tumeur.

– Vous pouvez vous dépasser. Est-ce que vous en avez envie ? L’être humain est avant tout de l’émotion. Je ne peux pas opérer un patient passif. Il faut qu’il soit motivé pour continuer après l’opération.

– Y a-t-il une fin à partir du moment où l’on veut se dépasser soi-même ? Nous n’avons pas le droit de ne pas utiliser les talents que nous avons, mais de les utiliser puissance 10, et j’ajoute + 1.

– Je suis le Rousseauiste des neuro-sciences.

– Vous me demandez ce que j’attends de vous, artistes ? Que vous produisiez une sublimation, une improvisation transcendantale de cette réunion improbable ! Que l’oeuvre soit le reflet de l’âme de celui qui regarde, en lui suscitant l’envie d’introspection ; pousser l’être humain à être meilleur. L’équilibre doit être instable, constamment. (souhait du Pr Hugues Duffau, adressé aux neuro-artistes présents)

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