Ça sent le cru.
Par Ruthy Azzopardi
Êtes-vous adepte du cru ?
Si pour certains, nos habitudes alimentaires ne changeront jamais, pour d’autres, la remise en question peut venir d’un problème de santé ou de poids, à la suite d’un voyage, à l’issue d’une soirée entre amis, après la découverte de nouvelles recettes dans le magazine de la salle d’attente ou tout simplement parce qu’on a envie de manger « autrement ».
On parle d’une façon générale de crudivorisme, d’alimentation vivante ou encore de raw foodisme, pour désigner les personnes se nourrissant d’aliments crus. Leurs aliments ne subissent aucune transformation ou cuisson,mise à part la germination ou la fermentation. Les adeptes du 100 % cru, suivent un véritable régime de combinaisons alimentaires idéales, où protéines et féculents ne sont pas mélangés, tout comme fruits sucrés et fruits acides. Mais pourquoi, certains ne font-ils plus cuire leurs aliments mise à part, pour une question de goût ?
Esprits curieux et ouverts, cet article est pour vous.

Le cru, pourquoi
Tout d’abord, parce que les aliments crus ont un meilleur goût, les arômes restent authentiques.
Ensuite, manger cru est salutaire pour notre santé physique et morale. En effet, la cuisson altère non seulement les arômes, mais détruit également les enzymes alimentaires particulièrement utiles à la digestion (c’est d’ailleurs pour cela, qu’il est conseillé de toujours commencer le repas par une salade de crudités, afin de faciliter la digestion).
Lorsque nous cuisons nos aliments, nous perdons tout ou partie de leurs :
- vitamines,
- minéraux,
- oligo-éléments,
- anti-oxydants,
- fibres, ainsi que de leur chlorophylle et de leur oxygène.
Bref, nous les lessivons.

Une étude menée par l’Université d’Otago, en Nouvelle-Zélande, auprès de plus de 400 jeunes adultes, et publiée en avril 2018 dans la revue Frontiers in Psychology, démontre que manger des légumes et fruits crus, réduit les risques de dépression. Une alimentation riche en cru, améliore la santé mentale et optimise le fonctionnement émotionnel (humeur positive, bien-être psychologique, épanouissement, etc.).
Le cru, comment
Hygiène – Notre ph gastrique diffère d’un individu à un autre. Il est une barrière contre les attaques bactériennes. Et si la cuisson détruit les vitamines et enzymes à partir de 40°, elle a tout de même pour avantage de détruire les bactéries. Il est donc très important de veiller à l’hygiène des mains, des planches à découper, des plans de travail et ustensiles, du réfrigérateur ainsi qu’au lavage méticuleux des produits.
Fraîcheur – Pour être sûr d’avoir le plein de vitamines, il vaut mieux acheter un petit stock de fruits et légumes, pour une consommation de quelques jours. Trop longtemps au réfrigérateur leur fait perdre leurs vertus nutritionnelles.

Bio – Il est préférable de s’approvisionner en cru, auprès :
- de producteurs locaux, ou des Amap (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne, circuit court de groupements de producteurs et agriculteurs locaux),
- de fermes locales,
- de magasins bio,
- de son propre potager, en permaculture
- des rayons surgelés.
Mastication – Pour une meilleure assimilation et digestion des aliments crus, il est préférable de les préparer déjà râpés (carotte, panais, betterave) coupés en lamelles fines (radis, navet, betterave), en semoule (taboulet végétal au blender), émincés (chou chinois, chou kale, chou de Bruxelles), ou mixés (tartare de tomates…). Il faut enlever la peau des tomates et poivrons, et surtout penser à mastiquer longtemps.
Oui, mais quoi ?
Légumes
Si vous débutez, il vous faudra y aller progressivement, sous peine de souffrir d’inconforts digestifs, et de ballonnements dus à la fermentation excessive et aux fibres.
Commencez par les légumes les plus digestes (carottes, betteraves, courgettes, céleri, panais, mâche, épinards, endives, laitue), puis introduisez ensuite les autres (radis, chou fleur, brocolis, navets, petits pois…).
Attention : pommes de terre, aubergines et haricots rouges ne se mangent pas crus (la solanine et la lectine qu’ils contiennent ne sont pas digestes).
Graines
Sèches ou germées, et complètes de préférence.
A savoir que les graines germées ont des propriétés nutritionnelles supérieures aux graines sèches : le processus de germination augmente le taux de vitamines et d’enzymes. Réaliser ses propres graines germées est un jeu d’enfant, et ne demande que très peu d’attention. N’oubliez pas de choisir une germoir, sans phtalates, ni bisphénol-A.
Fruits frais et secs
Que ce soit pour combattre le mauvais choléstérol (noix de Macadamia), maintenir son taux de magnésium et réduire les crampes musculaires (amandes), être un riche anti-oxydant (noix du Brésil), lutter contre les maladies cardio-vasculaires et maintenir ses fonctions cérébrales au top (noix), lutter contre la constipation (pruneaux), éviter la dépression (noix de cajou) ou veiller à son confort urinaire (cranberry), les fruits secs n’ont plus à prouver leurs bienfaits sur le corps et l’esprit.
La banane, quant à elle, vous évitera la crise d’hypoglycémie de fin de matinée.

Algues
Notre prochain article alimentation et santé, traitera de l’algue et de ses vertus insoupçonnées. Pensez à prendre de la Spiruline en comprimés, si vous n’aimez pas la texture de l’algue.
N’oublions pas les céréales complètes bio, les laits végétaux et le miel.
Poissons
A acheter surgelé ou à placer dans le congélateur pendant au moins 48 heures, si le poisson a été acheté frais. Cela tue l’anisakis, un ver qui se transmet à l’homme.
Viandes
A acheter chez le boucher, et préciser « pour une consommation tartare ».
NE PAS MANGER CRU, le poulet et le porc.
Si vous souhaitez commencer une alimentation cru, vous pouvez commencer par manger cru au petit-déjeuner, puis ensuite introduire le cru au goûter, et enfin le déjeuner ou le dîner.
ANECDOTE : qui a inventé le carpaccio ?
Selon Wikipédia, « le carpaccio est inventé officiellement en 1950 par le chef Giuseppe Cipriani, fondateur du Harry’s Bar sur le Grand Canal, près de la place Saint-Marc, à Venise ». Il l’aurait inventé « pour sa cliente, la comtesse Amalia Nani Mocenigo, à qui son médecin interdisait de manger de la viande cuite. Le nom du plat est inspiré par la couleur rouge de l’œuvre du peintre italien, Vittore Carpaccio, couleur qui rappela au chef, lors d’une visite à une grande exposition à Venise, la couleur des fines tranches de bœuf dans l’assiette de sa cliente. »
A lire :
L’alimentation crue : 400 recettes. Dr Ch. Pauthe – J-M. Ozanne et Dr J. Seignalet